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Animation
RécitSon film aura mis un peu plus de trois décennies à déployer ses ailes. Il y a quatre-vingts ans, en 1946, Paul Grimault, 41 ans, ébauche les premiers croquis du « Roi et l’Oiseau », avec Jacques Prévert au scénario. En 1979, à 74 ans, il assiste enfin à la projection de cette libre adaptation d’un conte d’Andersen. Un dessin animé réellement artisanal devenu culte pour des générations de spectateurs et de réalisateurs, dont les fondateurs japonais du studio Ghibli.
Sortie en 1973, prix spécial du jury, la même année, au Festival de Cannes, La Planète sauvage de René Laloux d'après des dessins de Roland Topor, est une merveille définitive du cinéma d'animation. Tiré du Oms en série, roman de science-fiction du français Stefan Wul, il nous transporte sur la planète Ygam, où vivent les Draaags, créatures humanoïdes, omniscientes et méditatives, de douze mètres de haut. Les hommes n'y sont plus que les "Oms", créatures minuscules, familières et inoffensives. Pas tant que cela, car la résistance s'organise, mettant en péril le pouvoir Draag.On retrouve tout au long du film à la fois un soucis humaniste de défense des minorités et cette obsession du corps menacé, harcelé et blessé qui fut celle de Roland Topor. (éditions Arte vidéo).
En 1973 sortait un film étrange et unique, La Planète sauvage, de René Laloux. Un voyage animé totalement psyché qui a reçu le prix spécial du jury à Cannes l’année de sa sortie. Plus de quarante ans après, que reste-t-il de cette expérimentation cinématographique et de cette prouesse de l’animation ? Outre son incroyable esthétique et sa richesse visuelle, il semblerait que, quelque part entre les aliens bleutés et les Homo sapiens dénudés de la planète Ygam, se soit cachée une fable écologiste aux thématiques très actuelles.